Quand ma nouvelle petite chef m’a dit “Je suis ta responsable, tu fais ce que je te demande et c’est tout !”, Anticonne a vu rouge.
Je crois que de toute sa longue vie tumultuseuse elle n’avait jamais rencontré une telle crétine, manipulatrice, menteuse et opportuniste.
J’ignore encore d’où m’est venue cette soudaine force pour la retenir de la massacrer.
Il faut dire qu’un cadavre cloué au mur, dégoulinant de sang par tous les orifices, au milieu de mon bureau, aurait fait désordre.
Et surtout, je me demande bien comment j’aurais pu y apporter une explication rationnelle et raisonnable aux enquêteurs de la police criminelle.
Anticonne, préférant – à mon grand soulagement – m’avoir en liberté, a donc réfréné son élan justicier.
De mon côté, j’ai décidé de m’écraser et de feindre la sympathie envers ma hiérarchie.
Étrangement, je suis redevenu un employé modèle.
Si elle savait qu’en m’octroyant ainsi un peu de répit, je forçais Anticonne à lui offrir un sursis…
Parce que pendant que je ferme ma gueule, Anticonne prépare sa vengeance.
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Hmmm… Tu pourrais demander à Anticonne de coucher avec son mari ? Ou alors, glisser une écharde sur son fauteuil de bureau pour que chaque jour elle file ses bas de soie et enrage ?
J’aurais aimé être une Anticonne.
Le coup de l’écharde… Mmmm excellente idée. Mais je ne peux que la suggérer à Anticonne. On ne demande rien à Anticonne.
Mais d’après ce que j’ai compris des plans de mon Anticonne, elle ira déposer sur la veste du mari quelques gouttes de son parfum vaporeux, une trace discrète de son rouge à lèvre carmin sur le col de sa chemise et un de ses longs cheveux prune dans sa braguette.
Si avec ça, je ne retrouve pas Mme la chef avec les yeux bouffis le matin et avec l’envie de se pendre dans les toilettes, Anticonne devra revoir sa copie.
Chataign, si vous ne pouvez pas être une Anticonne, cherchez bien, vous en avez peut-être une :-)